La convention collective des architectes encadre les relations de travail dans les entreprises du secteur, en complément du Code du travail. Elle fixe des règles sur les salaires, les horaires, les congés et la formation, afin d’adapter le droit commun aux réalités des agences et cabinets d’architecture. Pour les employeurs comme pour les salariés, c’est un repère de lecture indispensable.
Synthèse :
La convention collective des architectes organise les règles à appliquer en agence pour sécuriser la rémunération, l’organisation du temps de travail et les droits sociaux, afin que vous puissiez prévenir les risques lors des recrutements et des paies.
- Nous recommandons de consulter la version consolidée et les avenants avant toute décision RH ou salariale (par exemple l’accord du 19 décembre 2024), les dispositions et les minima peuvent évoluer.
- Vérifiez l’activité principale au regard du code NAF 7111Z pour confirmer l’application de la convention; si l’entreprise a plusieurs activités, documentez le périmètre dominant.
- Appliquez la grille de classification : contrôlez le coefficient, le niveau et la valeur du point pour fixer les salaires conformes (repères 1 810 € à 3 300 € et montants supérieurs selon la zone).
- Formalisez un accord d’entreprise pour compléter les dispositions de branche sans réduire les garanties conventionnelles, et conservez les preuves écrites pour vos salariés.
- Anticipez les pics d’activité en cadrant les heures supplémentaires et leurs majorations dans les contrats et fiches de paie pour éviter les litiges.
Qu’est-ce qu’une convention collective ? Définition générale et objectifs
Une convention collective est un accord écrit négocié entre les organisations syndicales de salariés et les organisations d’employeurs. Elle définit, pour un secteur donné, des règles applicables aux relations de travail, comme la rémunération, le temps de travail, les congés ou certaines garanties sociales.
Son objectif est simple, adapter les dispositions du Code du travail aux besoins d’une branche professionnelle. Dans le cas présent, cela permet de tenir compte des contraintes propres aux entreprises d’architecture, où les missions, les délais de projet et l’organisation des équipes suivent des logiques particulières.
Il faut aussi distinguer cette convention d’un règlement intérieur ou d’un accord d’entreprise. La convention collective s’applique à une branche entière, tandis qu’un accord interne ou un règlement de société ne couvre qu’une structure précise, dans le respect du cadre national.
Présentation de la convention collective des architectes
La convention collective nationale des entreprises d’architecture du 27 février 2003 porte le numéro IDCC 2332 et la brochure 3062. Elle a été conclue pour une durée indéterminée, puis étendue par arrêté du 6 janvier 2004, publié au Journal officiel le 16 janvier 2004.
Elle s’applique en France métropolitaine et dans les départements d’outre-mer. Son champ vise les entreprises d’architecture et certaines structures de maîtrise d’œuvre à exercice réglementé, notamment celles rattachées au code NAF 7111Z, Activités d’architecture.
Dès qu’une agence, un cabinet ou une structure de conception architecturale emploie des salariés, ce texte devient une référence obligatoire. Il reste toutefois nécessaire de vérifier la version en vigueur, car la branche publie régulièrement des accords complémentaires, comme celui du 19 décembre 2024, étendu ensuite.
Champ d’application et publics concernés
La convention collective des architectes concerne à la fois les employeurs et les salariés du secteur. Elle s’adresse aux agences d’architecture, aux cabinets, aux sociétés de conception architecturale et, selon les cas, à certaines structures de maîtrise d’œuvre dont l’activité principale relève de la même logique professionnelle.
Côté salariés, elle vise des profils variés, comme les architectes, dessinateurs, projeteurs, secrétaires, chefs de projet ou architectes associés. Le point de départ reste toujours l’activité principale de l’entreprise, et non le seul intitulé du poste.
Il ne faut pas la confondre avec les conventions applicables aux autres métiers du bâtiment ou aux entreprises de maîtrise d’œuvre généraliste. Un accord collectif d’entreprise peut ajouter des dispositions spécifiques, mais il doit respecter le socle minimal fixé par la convention de branche.
Contenu et principales dispositions de la convention collective des architectes
La convention collective ne se limite pas à une définition administrative. Elle organise très concrètement le quotidien du travail, avec des règles sur la durée du travail, les salaires, les classifications, les congés et plusieurs garanties sociales. Ces éléments structurent la relation employeur-salarié dans les agences d’architecture.
Durée du travail et organisation
Pour les salariés à temps plein, la base retenue est généralement de 35 heures hebdomadaires. La convention encadre aussi les heures supplémentaires et leurs majorations, ce qui permet de mieux sécuriser les périodes de surcharge liées aux rendus de projet ou aux phases de concours.

Dans les entreprises d’architecture, l’organisation du temps de travail peut varier selon les missions, mais elle reste encadrée par la branche. Les règles conventionnelles servent alors de cadre pour répartir les horaires, gérer les dépassements et éviter les écarts de traitement entre salariés.
Salaires et classifications
La convention repose sur une grille de classification structurée autour de filières, de niveaux et de coefficients. Certaines synthèses évoquent 5 filières, 4 niveaux et des coefficients allant de 200 à 600. Cette logique permet d’aligner le salaire sur le niveau de responsabilité et de technicité du poste.
On y retrouve des catégories non-cadres et cadres, avec des minima mensuels différents selon la classification. Les emplois types vont du secrétaire débutant au dessinateur DAO, puis au projeteur, au chef de projet et à l’architecte associé. Le salaire dépend donc du coefficient attribué et de la valeur du point, parfois régionalisée selon les grilles.
Les mises à jour sont régulières. Pour donner un ordre de grandeur, les minima conventionnels publiés au 1er mai 2026 vont de 1 810 € à 3 300 € brut mensuel, tandis que d’autres grilles, notamment en Île-de-France, affichent des montants pouvant aller de 1 944 € à 5 700 € brut. Ces écarts montrent l’importance de vérifier la grille applicable et sa date de référence. Pour un ordre de grandeur des rémunérations, consultez combien gagne un architecte en France.
Voici un aperçu synthétique des repères de rémunération et de classification :
| Catégorie | Exemple de poste | Repère de classification | Lecture salariale |
|---|---|---|---|
| Non-cadre | Secrétaire débutant | Niveau d’entrée | Minima proches du bas de grille |
| Technicien | Dessinateur DAO, projeteur | Fonctions intermédiaires | Salaire lié au coefficient et à la valeur du point |
| Cadre | Chef de projet, architecte associé | Responsabilités élevées | Minima plus élevés, selon le barème en vigueur |
Congés, formation et garanties sociales
La convention prévoit les droits aux congés payés dans le cadre fixé par la branche, avec des compléments possibles selon l’ancienneté ou certains événements familiaux. Ces dispositions donnent un cadre plus lisible que le seul droit commun, surtout dans des équipes où les calendriers de projet peuvent être très chargés.
Elle encadre aussi la formation professionnelle continue. L’accord du 20 janvier 2005 relatif à la formation a été remplacé par un texte plus récent, ce qui montre l’évolution régulière des règles de branche. Les dispositifs de montée en compétences, de maintien dans l’emploi et de transition professionnelle peuvent ainsi être organisés au niveau sectoriel.
D’autres avantages peuvent apparaître selon les avenants, comme certaines indemnités de licenciement, des règles sur le télétravail ou des dispositifs d’épargne salariale. Là encore, il faut lire la version consolidée pour connaître les droits effectivement applicables.
Points d’attention et spécificités
Le premier réflexe consiste à consulter le texte consolidé publié officiellement, et non une simple synthèse en ligne. Les résumés sont utiles pour comprendre rapidement le cadre, mais seul le texte officiel fait foi en cas de doute sur une règle, un salaire ou une date d’entrée en vigueur.
Autre point de vigilance, les écarts de rémunération. Ils peuvent venir de la version de la grille, du niveau de classification ou d’une application régionale différente. Avant de comparer un salaire, il faut donc vérifier la date de référence, le coefficient et la zone concernée.
Si l’entreprise exerce plusieurs activités, par exemple architecture et maîtrise d’œuvre, il faut analyser le champ dominant. La convention architectes ne s’applique pas automatiquement à tous les métiers du bâtiment, uniquement aux structures dont l’activité principale relève du code NAF 7111Z ou du périmètre visé par le texte.
Enfin, un accord d’entreprise peut compléter la convention collective, mais pas réduire les protections minimales prévues par la branche. La hiérarchie des normes reste déterminante, surtout dans un secteur où les règles de classification et de rémunération évoluent régulièrement.
En résumé, la convention collective des architectes sert de cadre de référence pour les agences et cabinets du secteur, avec des règles précises sur le travail, les salaires et les droits sociaux.
