Le traveller cheque, ou chèque de voyage, a longtemps accompagné les voyageurs internationaux comme solution de paiement sécurisée. Aujourd’hui, il a presque disparu des usages courants, supplanté par les cartes bancaires, les paiements mobiles et les solutions prépayées. Son histoire éclaire bien l’évolution des moyens de paiement à l’échelle mondiale.
Synthèse :
Le traveller cheque appartient au passé, il n’est plus adapté aux voyages modernes mais les titres déjà émis peuvent encore être récupérés auprès des émetteurs.
- Nous recommandons de privilégier les solutions électroniques : cartes bancaires, paiements sans contact et cartes prépayées, pour une acceptation et une gestion des incidents plus rapide.
- Si vous possédez d’anciens chèques, contactez l’émetteur (American Express, Swiss Bankers) afin de connaître les modalités d’échange ou de remboursement et le numéro d’assistance disponible 24 h/24.
- Avant un déplacement, vérifiez l’acceptation et les frais des moyens de paiement dans votre destination et prévoyez au moins deux solutions de rechange.
- Pour les entreprises, mettez à jour vos pages de paiement et votre FAQ, en précisant que le traveller cheque n’est plus accepté et en proposant des alternatives modernes à vos clients.
Bref rappel : qu’est-ce qu’un traveller cheque ?
Le traveller cheque est un chèque de voyage papier émis par un organisme financier, le plus souvent American Express ou Swiss Bankers. Il permettait à un voyageur de transporter une valeur monétaire sous une forme plus sûre que des espèces.
Le principe était simple : l’acheteur avançait de l’argent à l’émetteur, sans percevoir d’intérêt, et recevait en échange des chèques libellés dans une ou plusieurs devises. Ces titres pouvaient ensuite être échangés ou encaissés dans de nombreux points à travers le monde.
Avant l’essor des cartes et du numérique, ce moyen de paiement offrait un avantage de sécurité. En cas de perte ou de vol, les chèques pouvaient souvent être remplacés, ce qui rassurait beaucoup de voyageurs. Pendant plusieurs décennies, ils ont ainsi été un choix courant pour les séjours à l’étranger.
Les raisons du déclin des traveller chèques
La disparition progressive des traveller chèques s’explique d’abord par la transformation profonde des usages de paiement. Les voyageurs ont trouvé, au fil du temps, des alternatives plus simples, plus rapides et mieux acceptées.
Montée des technologies de paiement moderne
Dès les années 1990, les cartes bancaires se sont imposées comme une solution bien plus souple. Elles ont réduit l’intérêt de porter sur soi des chèques de voyage, notamment dans les pays où les terminaux de paiement se sont généralisés.
Les distributeurs automatiques ont aussi joué un rôle déterminant. Avec un accès plus large aux retraits d’espèces dans le monde entier, les voyageurs n’avaient plus besoin de convertir à l’avance leurs fonds en traveller chèques. Les paiements numériques ont ensuite accéléré cette évolution.
La création de la zone euro a également simplifié les déplacements en Europe. En supprimant la nécessité de jongler avec plusieurs devises, elle a fait tomber un des arguments historiques du traveller cheque, à savoir la gestion des monnaies étrangères sur papier.
Concurrence et obsolescence commerciale
La demande a chuté année après année. En Suisse, certains acteurs ont observé un chiffre d’affaires ramené à 5 % de ses plus hauts niveaux, signe d’un produit de moins en moins utilisé et de moins en moins rentable à maintenir.
Les cartes de débit, les cartes de crédit et les cartes prépayées ont pris le relais. Pour les émetteurs, le traveller cheque est progressivement devenu un produit obsolète, difficile à justifier face à des solutions plus fluides et mieux intégrées aux habitudes de consommation.
Ce recul n’a donc rien d’anecdotique. Il résulte d’un changement structurel des comportements, dans lequel le papier a perdu face à l’instantanéité et à l’acceptation quasi universelle des moyens électroniques.
Les décisions d’arrêt et les dates marquantes
Le retrait des traveller chèques ne s’est pas fait en une seule fois. Les annonces ont d’abord concerné certains pays, puis les points de vente se sont raréfiés jusqu’à rendre le produit presque introuvable.
En France, American Express a arrêté l’émission des traveller chèques au 30 juin 2013. Dans les faits, plusieurs banques et sociétés de change indiquaient déjà l’arrêt de la vente dès mai 2013, ce qui montre une disparition progressive plutôt qu’une coupure nette.
La situation a été comparable en Suisse, où Swiss Bankers a annoncé l’arrêt dès la fin de l’année 2012. D’autres acteurs majeurs du secteur ont suivi cette logique, signe que le marché entier se rétractait.
Important toutefois, l’arrêt de l’émission ne signifiait pas la fin totale de l’usage. Les chèques déjà émis restaient, dans certains cas, échangeables ou encaissables auprès de l’émetteur ou de points de service prévus à cet effet.

American Express précise encore aujourd’hui qu’aucun nouveau chèque n’est émis, mais que les titres anciens peuvent toujours être échangés. Un numéro d’assistance dédié, disponible 24 h/24, permet d’organiser cette procédure.
Le tableau ci-dessous résume les principales étapes de cette sortie progressive du marché.
| Période | Événement | Conséquence |
|---|---|---|
| Années 1990 | Montée des cartes bancaires et des retraits en distributeur | Baisse de l’intérêt pour le traveller cheque |
| Fin 2012 | Arrêt annoncé par certains émetteurs en Suisse | Début du retrait commercial |
| Mai à juin 2013 | Fin de la vente en France | Disparition des points d’achat |
| Depuis | Échange possible des anciens chèques selon les conditions de l’émetteur | Usage limité au remboursement ou à l’encaissement |
Fin de l’accessibilité commerciale et conséquences sur l’usage
À partir de 2013, les banques, bureaux de change et enseignes spécialisées n’ont plus proposé de traveller chèques à l’achat. Des points connus du grand public, comme certains comptoirs de change parisiens, ont cessé d’alimenter cette offre, puis ont progressivement stoppé toute revente en euros.
Chez certains acteurs, l’encaissement a pu continuer jusqu’à mi-novembre 2022, avant un arrêt total du service. Cette fermeture a marqué la fin d’une dernière étape de circulation commerciale, même résiduelle.
Pour les détenteurs de vieux chèques, la seule voie restante consiste généralement à contacter l’émetteur. Les modalités varient selon le pays, la devise et la série de chèques concernés. Dans la pratique, il ne s’agit plus d’un moyen de paiement de voyage, mais d’un titre à récupérer ou à faire convertir.
La conséquence est nette : en dehors de l’échange auprès de l’organisme émetteur, il devient quasi impossible de les utiliser dans le commerce courant. L’acceptation par les commerçants, hôtels et agences de change s’est effondrée, surtout hors des grands centres touristiques.
Les erreurs fréquentes et distinctions à connaître
Le traveller cheque est souvent confondu avec d’autres moyens de paiement ou titres de séjour. Cette confusion entretient des attentes irréalistes, alors que les mécanismes sont très différents.
Il ne faut pas le confondre avec le chèque-vacances. Ce dernier est un bon d’achat destiné à certains usages en France, et il a été dématérialisé en 2020. On parle donc d’un dispositif sans rapport avec le chèque de voyage international.
Le traveller cheque ne doit pas non plus être assimilé au chèque bancaire traditionnel. Ce dernier repose sur une autre logique de paiement et fait lui aussi l’objet de débats sur son avenir en France, avec des discussions autour d’un possible horizon 2027 pour son traitement.
Pour un voyageur d’aujourd’hui, la bonne approche consiste plutôt à se tourner vers des solutions mieux acceptées : cartes bancaires, cartes de débit, cartes de crédit, cartes prépayées ou paiements mobiles. Ces outils correspondent davantage aux usages actuels et aux attentes des commerces.
Pourquoi ce moyen n’est plus adapté aux voyageurs modernes ?
Le traveller cheque a perdu ses atouts historiques. À l’époque où les cartes étaient peu acceptées et où les retraits d’espèces étaient plus limités, il offrait une sécurité rassurante. Cette promesse a été largement dépassée par les outils actuels.
Aujourd’hui, les cartes à puce, le paiement sans contact et le paiement mobile permettent de bloquer rapidement une carte, de limiter les pertes et de bénéficier parfois d’assurances associées. Les arguments de sécurité qui faisaient la force du traveller cheque ne pèsent plus autant.
En parallèle, l’acceptation mondiale s’est réduite. De nombreux établissements refusent désormais ce type de paiement, même à l’étranger. L’encaissement est souvent long, incertain ou impossible, ce qui en fait une solution peu adaptée aux déplacements modernes.
Les sociétés émettrices elles-mêmes ont pris acte de cette évolution. Lorsqu’un produit ne répond plus aux usages dominants et qu’il devient coûteux à maintenir, son arrêt finit par s’imposer. C’est exactement ce qui est arrivé au traveller cheque.
En résumé, le traveller cheque appartient à une autre époque du voyage. Il reste un repère utile pour comprendre l’histoire des paiements internationaux, mais il n’a plus de place réelle dans les habitudes actuelles.
